Pratique agricole : découvrir l’agroécologie

Publié le : 12 janvier 20235 mins de lecture

Dans les pays développés, les Etats délaissent peu à peu le modèle agricole industriel au profit du modèle agroécologique, afin d’atteindre ou de maintenir l’autosuffisance alimentaire. L’agroécologie est devenue plus qu’une nécessité, c’est la seule pratique convenable pour affronter la croissance démographique constante. Une réalité que les pays en voie de développement et les pays sous-développés devront surtout faire face.

Rendre les sols plus fertiles et réduire les érosions

L’agroécologie désigne l’ensemble des procédés de production agricole qui prennent en compte le respect de la nature et de l’environnement. Son objectif principal est d’assurer des systèmes d’agriculture durable, permettant d’avoir le maximum de biomasse animale ou végétale et d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Afin d’atteindre ces objectifs, il est indispensable d’adopter des techniques agricoles spécifiques. Le premier levier d’action concerne l’utilisation des couverts végétaux permanents. Ils protègent les sols du gel, les UV et l’érosion, surtout dans les zones humides plus vulnérables. Les couverts végétaux ne sont pas des cultures, mais des couverts composés de plantes diverses. Si vous utilisez des couverts composés d’herbes, on parle alors d’enherbement. Avec un peu d’imagination, vous pouvez même transformer ces pratiques en des atouts de décoration. Pensez à en faire un tapis végétal naturel entre vos cultures sur les champs ou vos cultures verticales (houblonnières, cépages, vergers, vignes, etc).

Par ailleurs, l’enherbement est la solution adéquate contre le désherbage chimique des espèces de légumineuses. Les couverts végétaux enrichissent le sol en azote et éliminent les nitrates contenus dans les engrais chimiques. Vous pouvez implanter directement vos semis dans les couverts végétaux, même sans avoir travaillé le sol au préalable. Pour ce faire, l’agriculteur utilise un semoir spécial, équipé de dents qui positionnent la graine dans le sol, en écartant et découpant les végétations sans les abîmer pour autant. Vous l’aurez compris, le semis direct sous une couverture végétale vous permet d’économiser de l’énergie, car il limite grandement le travail du sol. De plus, le rendement agricole ne diminue pas.

Donner de la valeur aux coproduits

Les coproduits désignent les matières qui sont obtenues naturellement au cours d’un processus de production. Ces matières ne sont ni des déchets, ni des résidus. En plus du respect de l’environnement, elles ont une réelle valeur pratique et économique indéniable. Dans le domaine de l’agroécologie, le compost est l’exemple de coproduit le plus connu et le plus courant. Le compostage transforme les déchets organiques en engrais naturels pour l’agriculture et le jardinage. De ce fait, la quantité de déchets qui passent à la poubelle est réduite.

Pour obtenir du compost de qualité, il faut utiliser un composteur. Celui-ci peut être placé à même le sol, dans un lieu accessible et mi-ombragé. Il faut d’abord pratiquer une légère bêche sur le sol, pour que les micro-organismes puissent accéder aisément aux déchets à dégrader. Mettez ensuite dans le composteur tous les déchets humides, secs, bruns et verts. Vérifiez constamment l’humidité et l’aération, car les bactéries ont besoin d’humidité et d’oxygène pour dégrader les déchets.

Les matières non-dégradées par le compostage peuvent être méthanisées, afin de réduire le recours aux énergies fossiles et de diminuer l’émission de gaz à effet de serre.

Adopter une démarche privilégiant l’action collective

Toutes les pratiques agroécologiques citées précédemment sont vaines s’il n’y a pas de démarche collective solidaire. Il est nécessaire de sensibiliser et d’éduquer toute la population à ces pratiques. Les agriculteurs professionnels et cultivateurs indépendants doivent se réunir en un groupement agricole, créer et coopérer avec les magasins de producteurs et de revendeurs.

Les produits agroécologiques doivent être le plus accessible aux consommateurs dans les supermarchés participatifs et les épiceries solidaires. Plus il y a des collaborations et échanges entre les différents acteurs d’un territoire, plus il y a une meilleure gestion des ressources naturelles.

Réunir l’agriculture et l’écologie est toujours un processus gagnant-gagnant pour l’humanité la faune et la flore.

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